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Israël - Palestine
La région s'enfonce dans une guerre sans avenir




  Analyses et propositions



Lire la publication du 9 octobre 2023

Lire la publication du 11 octobre 2023

Lire la publication du 3 novembre 2023



3 novembre 2023

Résumé : Défense passive à grande échelle, échange des otages contre des membres du gouvernement : voilà ce qu'aurait fait un gouvernement israélien compétent et responsable.


Un peu de dystopie : imaginons un gouvernement israélien compétent et responsable.

Préambule : Le Hamas est une organisation terroriste d'inspiration religieuse, qui ne représente ni le peuple ni l'intérêt des palestiniens. Il doit être combattu par des moyens qui l'affaiblissent à terme, au lieu de le renforcer.

Au soir du 7 octobre, Netanyahu et son gouvernement savaient que :
- ils avaient été avertis plusieurs fois de la préparation d'opérations offensives du Hamas,
- les ballons d'observation de haute altitude au-dessus de Gaza étaient hors service depuis quelques semaines,
- les effectifs de Tsahal étaient réduits autour de la bande de Gaza le 7 octobre, pour deux raisons : a) un renforcement des effectifs militaires en Cisjordanie pour soutenir les actions des colons israéliens et b) les religieux au gouvernement avaient demandé, et obtenu, que de nombreux soldats puissent effectuer la fête religieuse du 7 octobre dans leurs familles; les effectifs de l'armée étaient donc sensiblement réduits autour de Gaza ce jour-là.
- les atrocités commises par le Hamas lors de son raid, encore renforcées par la prise de plus de deux cents otages, avaient été volontairement extrêmes pour faire perdre la tête à la société et au gouvernement israélien et les précipiter dans un piège.

Cette attaque réussie du Hamas prouve incontestablement que le gouvernement israélien a gravement failli dans le domaine de la sécurité, alors que cela a toujours été le point central de sa politique et de toutes les campagnes électorales de son dirigeant actuel. L'attaque du 7 octobre est la preuve que cette stratégie de la sécurité maximale, basée sur le rapport de force permanent et la division des palestiniens, est inefficace et mortifère à terme. Pourtant, c'est toujours la même stratégie du rapport de force qui est à l'oeuvre par l'entrée des chars dans Gaza, avec les résultats que l'on devine : de probables succès militaires, une partie des otages libérés, et la création des conditions nécessaires à l'arrivée, à Gaza et ailleurs, de plusieurs générations futures de féroces combattants anti-Israël, sans parler du déclenchement d'une vague inédite d'antisémitisme au niveau mondial.

Si le gouvernement d'Israël avait été compétent et responsable, voici ce qu'il aurait fait, au lendemain du 7 octobre : il aurait compris -enfin- que cette stratégie sécuritaire de court terme, renouvelée depuis plusieurs décennies, s'avérait finalement être une erreur, car produisant aujourd'hui des effets bien pires que ceux combattus : un renforcement massif d'un de ses opposants les plus extrêmes et les plus dangereux. Il aurait cherché à éviter l'escalade en analysant objectivement la situation.

Car objectivement, l'attaque du Hamas, aussi soudaine, puissante et barbare qu'elle soit, ne met aucunement en danger la sécurité globale du pays, qui n'est attaqué ni par la terre (il est facile à Tsahal de refermer hermétiquement la bande de Gaza sans y rentrer), ni par les airs (le Hezbollah ne dispose pas d'avions de combat), ni par la mer (ni le Hamas ni le Hezbollah n'ont les moyens maritimes nécessaires). Rien à voir avec l'Ukraine, attaquée massivement sur son sol en profondeur par les nombreuses colonnes de chars russes soutenus par l'aviation. Au plan militaire, seul reste pour Israël le problème des roquettes et missiles tirés sur son territoire, dont une grand part peut être neutralisés par leur système de défense anti-aérienne, renforcé au besoin par les systèmes des USA ou d'autres alliés. Ainsi, un principe de défense passive à grande échelle aurait pu être mis en place le 8 octobre. Ne reste que le problème des otages. Pour le résoudre, il y aurait eu une solution simple : un échange de tous les otages contre un groupe de ministres israéliens, dont le premier, qui porte une lourde responsabilité dans la mise en place de l'engrenage fatal. Voilà ce que ferait un gouvernement compétent et responsable, comme le faisaient jadis les capitaines de navires : assumer personnellement sa charge et ses erreurs, en se livrant au Hamas et en mettant ainsi à l'abri deux cent quarante otages civils. Il est très probable que le Hamas aurait accepté l'échange, étant donnée la grande valeur symbolique de la prise de guerre.

Mais, comme le monde entier le savait à l'avance, cette équipe gouvernementale dirigée par Netanyahou est tombée directement dans le piège tendu, en lançant des opérations militaires de grande ampleur qui provoquent un massacre parmi les civils de Gaza. Le gouvernement israélien vient encore de prouver qu'il n'est ni compétent ni responsable. Il y a plusieurs raisons à cela.

La première raison est que les israéliens surjouent systématiquement leur besoin de sécurité, pour des raisons liées à l'histoire du pays, menacé de destruction dès sa création et pendant plusieurs décennies ensuite. Pourtant, ils ont largement prouvé que leur armée est la plus puissante de la région, ils disposent du feu nucléaire et de surcroît, ils sont épaulés par les USA. Objectivement, et comme indiqué précédemment, ils n'ont plus aucune raison d'entretenir en permanence cette peur viscérale de la destruction de leur pays. Ce sont les responsables politiques israéliens, et en premier lieu Netanyahou, pour se faire réélire, qui ont mis en place depuis plusieurs décennies les politiques sécuritaires les plus primaires et les plus imbéciles.

La seconde raison provient du messianisme religieux. Porté au départ par le projet sioniste progressiste d'inspiration laïque, popularisé à l'international par le modèle des kibboutzim, le pays s'est lentement transformé en un régime d'inspiration fondamentaliste religieuse juive. La "seule démocratie du Moyen-Orient" est devenue peu à peu une bastille assiégée (au début avec raison), portée par une vision religieuse du monde qui l'a rendue sourde et aveugle aux besoins légitimes de ses voisins palestiniens. Le projet sioniste a ainsi développé progressivement une volonté expansionniste en Cisjordanie, qui s'est transformée en projet colonial pur et simple, entretenu par tous les gouvernements successifs. Le drame absolu de ce pays est que le monde entier s'est rendu compte qu'Israël, bien que se considérant comme un modèle de démocratie éclairée à l'occidentale, n'est plus en fait, en Cisjordanie, qu'un pouvoir néo-colonial porté par les religieux juifs.

La troisième raison est plus triviale : le mode de représentation principal en Israël, l'élection des députés à la Knesset, se fait sur la base d'un scrutin proportionnel. Le résultat est que, pour réaliser des coalitions de gouvernement, le principal parti de droite, le Likoud, a dû, depuis les années quatre-vingt-dix, s'associer avec les partis de l'extrême-droite religieuse, "faiseurs de majorités". Il s'en est suivi que les gouvernements ont piloté de manière assumée une dérive régulière et inexorable vers la droite de plus en plus extrême, tant dans le domaine social (au départ sociale, Israël est maintenant une société ultra-libérale) que dans le domaine sécuritaire (notamment par l'encouragement constant aux colonies de peuplement en Cisjordanie, censées contrebalancer le déficit démographique global et "sécuriser" la Cisjordanie par une présence juive importante). On rejoint ici le point précédent : aveuglé par le projet messianique, partie intégrante des coalitions politiques successives, ce pays a constamment encouragé la colonisation en Cisjordanie, avec le soutien "indéfectible" des USA, modèle d'impérialisme mondial.

Observons enfin, comme quatrième raison, un phénomène incompréhensible au sein d'une "vraie" démocratie : le principal responsable des politiques de sécurité mises en oeuvre depuis quinze ans dans ce pays, et qui ont à l'évidence totalement échoué, reste en place et n'envisage pas une seule seconde de démissionner. Qu'y a-t'il dans le cerveau de Netanyahou pour qu'il soit à ce point inconscient de sa propre responsabilité ? Quand on sait qu'il a accusé publiquement les ministres de la défense et de la sécurité pour leur incompétence le 7 octobre, et qu'il n'envisage pas un instant de dire qu'il a lui-même une place dans ce désastre, on reste muet de stupéfaction. Le peuple israélien a à sa tête un grand malade mental, un champion du déni.

Défense passive à grande échelle, échange des otages contre des membres du gouvernement : voilà ce qu'aurait fait un gouvernement israélien compétent et responsable. Cela aurait mis un coup d'arrêt à l'engrenage de la violence, et montré au monde entier que Tsahal était capable d'épargner de très nombreuses vies civiles à Gaza. Cela aurait permis de de cantonner le pouvoir de nuisance du Hamas. Cela aurait permis de refonder en profondeur la politique sécuritaire d'Israël, en prenant en compte, enfin, le principe de "la paix contre les territoires". Cela aurait permis à Israël de montrer que ce n'est plus une puissance néo-coloniale en Cisjordanie, réduisant ainsi au silence les antisionistes et antisémites du monde entier. Cela aurait permis, enfin, de refonder les conditions du dialogue entre israéliens et palestiniens (le Hamas étant évidemment exclu), permettant d'ouvrir une nouvelle ère au Moyen-Orient.


Sources :
Haaretz.com
Documentaire de Charles Enderlin "Au nom du Temple" à voir sur Youtube
Betselem.org
Breaking the Silence





Publié sur Mastodon le 11 octobre 2023

1/7 Force est de reconnaître que le #Hamas est en train de réussir un coup de maître. Frapper Israël exactement à son point faible, au bon endroit et au bon moment, et enfoncer la lame si loin que le pays attaqué devient ivre de rage et perd le peu de discernement qu’il lui reste. #Israël va donc faire exactement ce que veut le Hamas : s’enfoncer à pied dans la ville de #Gaza, pour des combats de rue qui seront très durs et très meurtriers, notamment pour les civils.

2/7 Mais, des civils, le Hamas s’en fout complètement. Tsahal, contrainte à une guerre urbaine de plusieurs mois, va concentrer ses efforts sur Gaza, et ainsi dégarnir les autres fronts où ses ennemis sont en embuscade (Nord avec le Hezbollah, Golan avec la Syrie, Est avec la Cis+Jordanie). Etant donné le niveau de préparation et de coordination de l’attaque du Hamas, il est très probable qu’une organisation globale a été planifiée, visant justement à affaiblir les autres fronts.

3/7 Voilà pourquoi le front Nord reste calme : le Hezbollah attend patiemment que l’armée israélienne s’enfonce loin dans Gaza, et enregistre des pertes importantes, pour lancer son attaque au Nord. Il est possible qu’alors se produise aussi un soulèvement en Cisjordanie, soutenu par la Syrie et la Jordanie. On imagine le désastre possible.

4/7 Voilà comment un gouvernement incompétent et corrompu, dirigé par un mafieux notoire et des religieux illuminés, met en péril une nation entière, en n’ayant pas d’autre politique, depuis bientôt trente ans (après les accord d’Oslo), que celle de la vengeance et de la punition collective qui ne crée qu’une seule chose : la haine. En fait, le Hamas n’a pas tant de mérite que ça : il est tellement facile de prévoir à l’avance la réaction du gouvernement d’Israël ! Trop facile !

5/7 Le seul espoir qui reste est un changement complet de stratégie d’Israël à l’occasion de cette crise. Au cours de cette guerre qui va se dérouler sur plusieurs mois, au cours desquels la victoire se dessinera progressivement (grâce en partie aux USA), l’opinion publique israélienne va peut-être changer. Elle va être influencée par deux tendances contraires : d’une part le soulagement de la victoire et la reconnaissance envers le gouvernement d’union nationale, ...

6/7 … et d’autre part le souvenir de la responsabilité directe du gouvernement Netanyahou dans la faiblesse majeure de la défense du pays au moment de l’attaque du Hamas. Netanyahou et ses alliés seront alors jugés et peut-être qu’un sursaut de conscience des israéliens permettra de changer radicalement de stratégie de défense, pour mettre en place la seule chose qui peut désamorcer le conflit : l’arrêt de la colonisation en Cisjordanie, et la reprise du dialogue avec l’Autorité Palestinienne.

7/7 Mais, pour cela, il faudrait qu’arrive au pouvoir en Israël un gouvernement qui ne soit pas aveuglé par le messianisme religieux obsédé par Eretz Israël (le « Grand Israël de la mer au Jourdain »), qui soit capable de comprendre que ses voisins sont différents et qu’ils ont les mêmes droits à une souveraineté et à un territoire. Il faudrait qu’arrive au pouvoir en Israël un gouvernement… laïque et progressiste, comme à ses débuts. Autant dire que c’est peu probable. Mais qui sait, il reste une gauche en Israël.




Publié sur Mastodon le 9 octobre 2023

1/3 Je vois passer sur ce réseau des sympathies pour l’action terroriste que le Hamas lance autour de Gaza, au motif qu’#Israël est un pays qui colonise la #Palestine.
Oui, Israël soutient, depuis sa création, la colonisation de la Palestine, ce qui est contraire au Droit international. On peut et on doit critiquer le gouvernement d’Israël pour cela. On peut même appeler au boycott. Mais cela ne justifie EN AUCUN CAS des actions de meurtre de masse de civils, qui sont des crimes terroristes avérés, perpétrés par un groupe armé qui ne représente pas les palestiniens.

2/3 On ne peut pas soutenir que des crimes de guerre sont nécessaires pour lutter contre des crimes coloniaux. Car on ne peut pas faire ce que l’on reproche à l’adversaire sans perdre toute crédibilité. Si la colonisation de la Cisjordanie est illégale, le fait d’attaquer Israël par des actions violentes, SUR SON SOL DEFINI PAR L’ONU EN 1947, est également illégal, sur la même base du Droit international.

3/3 Seules des actions de libération contre la colonisation, menées par les palestiniens SUR LEUR SOL DEFINI PAR L’ONU EN 1947 sont légitimes, à condition de n’être ni des crimes de guerre, ni des actions terroristes (= visant en priorité les civils). Si les palestiniens avaient mené de telles actions de libération SUR LEUR SOL DEFINI PAR L’ONU EN 1947, au lieu de mener des actions terroristes en territoire israélien, leur position aujourd’hui serait légitime, et Israël n'aurait pas pu prendre prétexte de ces attaques pour renforcer toujours plus sa sécurité.